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Le retour en Chine :
3 ans déjà. Je suis parti de Pékin il y a 3 ans le 15 juillet 2000, j’y
retourne le 15 juillet 2003 avec Min Zhi quelle coïncidence ! Et dire que
c’était après ce voyage que je m’étais passionné pour l’Asie, tout le monde sais
ce que ça a donné : Vietnam, Inde…

Bref on est parti dans le speed après la réception du 14 juillet à l’Ambass….
qui a été très petit four fromage vinasse… mais sympa quand même car c’était
l’occasion de revoir une bonne partie des gens que j’ai rencontré en Inde pour
le boulot et les autres.
Le vol fut court et nous revoilà à l’aéroport de Pékin ou nous resterons 2 jours
pour après filer sur Shanghaï et l’île de Shangxi d’où vient Min Zhi.
Je m’attendais franchement à me retrouver dans la même faune à la sortie de
l’aéroport poussif de pékin avec les chauffeurs de taxi qui t’agressent. Et là
j’ai vraiment halluciné. L’aéroport était complètement rénové, pas un parasite à
la sortie…. Premier choc.
On a rejoint le centre avec une petite navette ou j’ai eu tout le temps de
continuer à halluciner sur les changements qui se sont passé en 3 ans. Je me
rappelais d’une route pas en très bonne état par rapport au standard français
avec des petites commerces sur les cotés et une circulation un peu barjo. Et
j’étais maintenant sur une route nickel, très bien organisée, et des
construction toujours plus neuve. Plus on se rapprochait du centre, et plus
c’était moderne ; des bâtiments de 20 30 40 étages, des Fly over dans tous les
sens, des Audi A6, des Passat noir avec vitres teintées et toujours les Citroën
ZX rouges des taxis qui ont pris un coup de vieux. Pékin ressemble de plus en
plus à une de ces villes flambant neuf tel que HK Singapour Kuala Lumpur... et
pour cause, ils se préparent aux JO de 2008 pour montrer une « Grande Chine »
développée, moderne, qui va bientôt sévir sur le monde entier. Les Chinois
aiment montrer une bonne image, c’est un signe de respect. Elle paraîtra en
effet bonne à celui de passage…
J’avais écrit ceci il y a 3 ans sur les rues de Pékin : « C’était terrible. La
rue en chine c’est très....vivantes. C’est sales, l’air est pollué, tout le
monde vous bouscule, il y a des mendiants sans pied ou complètement mutilé,
d'autres dorment sur des cartons en plein soleil avec des feuilles de journal
sur la tête. (ici il fait 35 degré) ».Toute cette partie là n’existe plus.
Me revoilà au Beijing International Hotel qui n’a pas changé. En fait la partie
la plus centrale de la 1 ère périphérie semble être restée en état. Nous partons
donc dans une ZX en direction de l’Hotel que j’avais booké par Internet. Après
avoir tourné pendant 10 minutes autour de Wan Fu Jing nous voilà au fond d’une
Hu Ton (
ruelle qui fera bientôt partie de l’histoire) en face d’un gros
bâtiment identifié comme notre hôtel. Tout d’un coup j’ai plus l’impression
d’être en Inde ou en tout cas passé derrière le décor de cinéma. Les chambres
sont petites et vieilles, mais reste propre. Les chiottes sont dégueu la salle
de bain pourrie… ahhhh voilà quelque chose qui a plus de saveur locale que les
jolis bâtiments tout neuf qui font devanture.
On s’installe vite fait et nous voilà partie sur Wan Fu Jing… Que dire de plus
que ce que j’avais écris il y a 3 ans. Plus de panneaux lumineux, des boutiques
avec des produits derniers cris…. Encore une belle vitrine qui n’a quand même
pas été désagréable après avoir passé 7 mois en Inde. Nous sommes retournés au
petit marché de nuit qui était au bout de Wan Fu Jing. Ce marché à l’époque
était en plein sur des constructions et vendait de la nourriture bizarre. La
route en construction avait été remplacé par une lonnnnnngue artère de petits
stands bien propres et bien éclairés. Au menu : brochette de bœuf, de poulet de
mouton de vers à soie, de coléoptère, de
criquet, et de scorpion !!! J’avais
goûté le scorpion qui avait un goût de frite trop cuite. En nouvelle spécialité
j’ai pu découvrir l’étoile de mer panée, le Tofu qui pue, et le poulpe géant.
Bref toute ces saveurs nous ont mis en appétit et nous sommes allés nous faire
un petit Beijing Duck que l’on ne trouve qu’à Pékin comme le nom l’indique.
Celui ci je l’attendais. Car si on peut retrouver la plu
part des plats chinois à
travers le monde, le canard de Pékin reste uniquement dans la capitale du nord.
Quel grand moment, quelle saveur et quel plaisir de composer toi même dans une
petite galette de riz et de mélangé le canard finement coupé avec sa peau
croustillante, l’oignon, le concombre et la sauce noir. Tout ça arrosé avec une
petite bière Tsingtiao. Quel grand moment !!!
Sur le retour on est passé en Taxi par la place Tian An Men qui m’avait
tellement impressionné il y a 3 ans. Elle aussi n’a pas changé et ne changera
pas : symbole fort du communisme et de la Chine populaire, elle est bourrée
d’émotion : Son Mausolée ou « résidera » jusqu’à la fin des temps le père
fondateur Mao Tse Tong, la citée impériale souvenir de la grandeur d’un empire
disparu, et ses distances qui en font la plus grande place du monde : 1 km par
400 M et pas moins de 40 HA.

Le lendemain nous avons fait du tourisme de base : Le mausolée pour aller saluer
Mao (‘avant 11H30). Même rituel que quand j’étais allé voir L’oncle Ho de Hanoi.
Pas de sac, interdiction de parler interdiction de s’arrêter. Les chinois y ont
ajoutée leur touche business : à l’entrée du Mausolée on peu en effet pour 2 RMB
( 1,5 FF) acheter et déposer au pied de sa statue des fleurs en plastique qui
seront 10 minutes après redéposé dans la boutique pour le prochain fidèle au
régime….No comment.
Dans la salle principale derrière des vitres blindées le corps du défunt
embaumé. Un drapeau communiste faucille et marteau sur son corps, et une grosse
tête avec un triple menton fluo orange ( vive le maquillage de mauvais goût). On
passe sans dire un mot, on ne s’arrête pas, et nous voilà dans la boutique à
souvenir, ou l’on peut se fournir, la statue mao, le T Shirt, la tasse à thé, la
médaille, le briquet, le porte clef…. Il est vraiment super Marketé ce Mao, s’il
avait su ! Après nous avons filé à la citée interdite qui est aussi majestueuse.
Pas grand
chose à rajouter depuis 3 ans a part que c’est grandddddd et qu’il
faut bien 2 jours pour tout visiter. Nous sommes sortis vidé et nous avons
enchaîné sur le parc du Behai qui m’avait laissé un super souvenir avec son île
et son temple au sommet. Ca m’a fait franchement plaisir de voir qu’ils avaient
viré le KFC qui était à l’intérieur pour favoriser un fast food chinois.
Nous nous sommes fait une petite soirée tranquille et sommes allé boire un verre
à Sanlitun la route ou la plupart des expats y vont pour boire un verre et plus
si affinité. L’ambiance n’avait guère changé. Les regards suspicieux ou
aguicheurs à ton égard y étaient d’autant p
lus présent que cette fois j’étais
avec ma douce chinoise Min Zhi. On a tout les deux pas vraiment aimé, on a bu
notre bière à 35 RMB et on s’est rentré.
A coté de notre Hotel pourri, une scène m’a marqué. Juste en face d’un bâtiment
flambant neuf, il y avait un attroupement. Au centre des gens qui dansaient sur
une petite musique douce. C’était un mélange entre les mœurs d’antan des
pékinois et la modernité de la ville nouvelle. La vie dans les Hutong était une
vie en plein aire ou tout le monde vit ensemble, tout le monde se connaît, les
maisons sont basses et organisées par famille. Les nouvelles infrastructures ne
sont pas dutout en adéquation avec leur vie ancienne et risque bien de faire
disparaître toute cette partie de leur culture. J’espère la prochaine fois que
je reviendrais revoir ce genre de scène de rue mais je doute fortement.
Le lendemain nous nous sommes fait la muraille de Chine. En fait nous avons pris
le même tour qu’il y a 3 ans et qui n’avait pas vraiment changé. Pour plus
d’infos allez voir ce que j’ai écrits il y a 3 ans.

Notre petite ballade à Pékin se finissait et nous voilà parti pour Shanghai et
Shangxi Island, pour aller voir la « belle famille ».
Pékin restera toujours Pékin ? J’en doute !
Est ce moi qui ai changé ? Est ce ma perception qui changé ? Est-ce que la Chine
qui est en profonde mutation. Je pense que tout est plus ou moins tout vrai.
C’est claire que mes voyages au Vietnam et en Inde m’ont vraiment changé mes
références. Je me souviens avoir écrit il y a trois ans quand j’étais au
Vietnam : « Les rues ressemblent beaucoup à la petite Hu Tong qui était à coté
de mon Hôtel à Pékin. Sauf que si elles sont rares a Pékin, ici il n’y a que
ça ». Cette rue en question a été complètement détruite, remplacée par une route
à 2 voies qui coupe une bonne partie des maisons qui sont cachés par un grand
mur de 2 à 3 mètres.
J’avais il y a 3 ans une vision très occidentale de l’Asie. J’étais choqué par
la saleté, la mendicité, les odeurs le bruit… C’est vrai que tout ceci n’existe
pas chez nous. Mon point de vue n’était pas non plus très représentatif. Comme
disais mon prof de physique de 1 ère tout dépend du référentiel ! Mon
référentiel était très français. En étant allé au Vietnam puis en Inde je n’ai
fais que repousser et repousser mes limites de ce que je pouvais tolérer et j’ai
élargi mon champ de vision. Je suis devenu « multiréferentiel » ce qui a été et
reste très déstabilisant. A quel système doit on se raccrocher, quel système est
dans le vrai ? Et c’est là que mon mal de tête reprend.